La Coalition pour l’histoire donne son appui au projet de réforme des sciences humaines au niveau collégial

La Coalition pour l’histoire appuie dans son ensemble le Projet provisoire de programme d’études préuniversitaires (sciences humaines), rendu public pour consultation par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur[1].

Dès 2009, la Coalition pour l’histoire dénonçait la place marginale accordée aux études québécoises dans l’enseignement dispensé dans les collèges et les cégeps. Depuis elle réclame donc « Que la formation générale au collégial prévoit que les élèves soient en mesure de comprendre l’histoire et les caractéristiques de la société québécoise actuelle. ». Dans cette perspective, la Coalition juge que le présent projet de réforme, qui doit entrer en vigueur en 2022, va dans la bonne direction et qu’il est susceptible d’améliorer de manière significative la place accordée à l’objet Québec dans l’enseignement collégial.

Trois aspects du projet de réforme du programme nous ont semblé particulièrement intéressants.

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Lettre au ministre de l’Éducation au sujet de la formation des maîtres

Dans une lettre parue dans les médias le 27 février dernier, les historiennes Brigitte Caulier, Louise Bienvenue et Karine Hébert, représentantes de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, posaient le bon diagnostic en liant la crise actuelle des effectifs enseignants au secondaire avec la formation des maîtres. Elles proposaient que les détenteurs d’un baccalauréat disciplinaire puissent accéder à la profession d’enseignant une fois complété l’équivalent d’un certificat de premier cycle en pédagogie.

Les soussignés souhaitent unanimement appuyer cette proposition. C’était d’ailleurs la toute première recommandation faite dans une étude parue en 2017 pour le compte de la Coalition pour l’histoire sur la formation des enseignants au Québec. S’appuyant sur le témoignage de 214 enseignants, on concluait que le baccalauréat en enseignement actuel de quatre ans donnait globalement peu satisfaction et qu’il ne devait surtout pas demeurer la filière unique donnant accès à la profession d’enseignant. À notre avis, ouvrir la profession à ceux et celles bénéficiant d’une formation universitaire dans une discipline enseignée au secondaire (sciences, littérature, histoire, etc.) permettrait d’une part de compléter les équipes d’enseignants par l’apport d’individus motivés et compétents. D’autres parts, elle permettrait également de revaloriser l’importance des connaissances et de diversifier les approches pédagogiques susceptibles de motiver les jeunes.

Rappelons que le baccalauréat en enseignement au secondaire actuel alloue la part du lion à des cours de didactique, de psychopédagogie et de sciences de l’éducation en général. En revanche, moins de la moitié de la formation vise à faire l’apprentissage du contenu que les futurs enseignants auront pour tâche de transmettre. Par exemple, dans le cas du baccalauréat en enseignement au secondaire, profil univers social, où l’apprentissage de l’histoire du Québec devrait occuper une place prépondérante puisqu’il s’agit d’une matière de base, le futur enseignant n’aura suivi en moyenne que trois cours sur ce sujet durant toute sa formation universitaire, dont seulement deux cours sont obligatoires. Selon nous, il s’agit clairement d’un bagage disciplinaire insuffisant pour prétendre maîtriser le sujet et ensuite pouvoir l’approfondir avec ses élèves.

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Les enseignants québécois sont-ils prêts au retour de l’enseignement des connaissances ?

Montréal, le 27 novembre 2017 – La Coalition pour l’histoire publie aujourd’hui une étude importante concernant la formation des maîtres en histoire. Cette étude plaide pour le renforcement de la formation disciplinaire des enseignants en histoire et pour une plus grande flexibilité des parcours menant à l’exercice de la profession.

Suite à l’action menée notamment par la Coalition, les élèves québécois ont enfin droit depuis septembre 2017 à un cours d’histoire réformé en 3e et 4e secondaire. Unanimement salué, ce nouveau cours d’histoire du Canada et du Québec emprunte désormais une trame chronologique, résolument axée sur l’acquisition de connaissances et l’apprentissage de la méthode historique. Dans ce contexte, il y a lieu de se demander si la formation que reçoivent les enseignants québécois les prépare adéquatement au retour à l’enseignement des connaissances.

C’est le point de départ de l’étude qui porte sur la formation des futurs enseignants dans les universités québécoises et sur le niveau de satisfaction des enseignants quant à la formation reçue.

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Le nouveau cours d’histoire du Québec au secondaire approuvé par le ministre de l’Éducation

Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec nous annonçaient hier une très grande nouvelle : le ministre de l’Éducation a enfin signé le nouveau programme d’enseignement de l’histoire du Québec et du Canada en secondaire 3 et 4 et ce programme sera obligatoire et généralisé dès la toute prochaine rentrée scolaire.

Tous les élèves québécois, y compris ceux issus de l’immigration, auront enfin droit à un véritable cours d’histoire du Québec avec notre récit national restauré, nos événements majeurs et nos figures marquantes réhabilités.

Rappelons que cette réforme est le fruit de plus de six années de travail, de recherches, de campagnes d’opinion publique et de persévérance de la Coalition pour l’histoire qui regroupe l’Association des professeures et professeurs d’histoire des collèges du Québec, la Fédération Histoire Québec, la Fondation Lionel-Groulx, la Fondation du Prêt d’Honneur, le Mouvement national des Québécoises et Québécois, la Société du patrimoine politique du Québec, la Société des professeurs d’histoire du Québec, la Société historique de Montréal, la Société historique de Québec et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Rappelons aussi que cette coalition est hébergée et coordonnée par la Fondation Lionel-Groulx.

La mise en œuvre de cette grande réforme de l’enseignement de notre histoire nationale témoigne vivement que l’action de la Coalition n’est pas vaine.

En route maintenant vers la réalisation des autres grands objectifs de la Coalition pour l’histoire : une meilleure formation disciplinaire pour les enseignantes et enseignants en histoire, un cours obligatoire d’histoire contemporaine du Québec au niveau collégial et la création de chaires de recherche sur notre histoire dans les universités.

Enseignement de l’histoire. Un flou inquiétant

Texte d'opinion de Raymond Bédard, président de la Société des professeurs d’histoire du Québec (SPHQ), également diffusé dans Le Devoir, 2 juin 2016.

Le nouveau programme d’enseignement de l’histoire en IIIe et IVe secondaire est très attendu par les enseignants. Il a été rédigé en tenant compte des différents acteurs du monde de l’éducation — les enseignants, les historiens, les didacticiens, les autochtones, les anglophones et les communautés culturelles — et il fait un large consensus.

L’amélioration des contenus qui avait pour objectif de les ajuster aux recherches historiographiques est au rendez-vous. L’abandon d’un programme thématique en IVe secondaire ainsi que la révision des compétences à développer s’imposaient : il fallait davantage tenir compte de la pratique en classe.

Il y a quelque temps, lors de l’étude des crédits 2016-2017 à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a fait une déclaration pour le moins surprenante. Il a dit offrir un délai supplémentaire aux écoles qui ne se sentiraient pas tout à fait prêtes à mettre en place le nouveau programme d’histoire en IIIe secondaire. Cependant, la rédaction du programme est achevée pour ce niveau et les manuels, avec les budgets qui s’y rattachent, seront disponibles pour la rentrée scolaire de septembre 2016. Selon les responsables des programmes au ministère, les projets-pilotes expérimentés dans 31 classes du Québec se sont bien déroulés, ont été bien reçus dans le milieu et se poursuivent en IVe secondaire.

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