Revue de presse

Secondaire: des historiens anglophones critiquent le programme d'histoire

Article de Giuseppe Valiante de la La Presse Canadienne, 29 novembre 2018.

Les deux manuels d'histoire du Québec et du Canada utilisés dans les écoles secondaires sont inadéquats et devraient être retirés, conclut un comité d'experts mandaté par la plus importante commission scolaire anglophone de la province.

Les élèves de troisième et quatrième secondaires apprennent une « version partiale et unilatérale » de l'histoire canadienne et québécoise, conclut le comité dans son rapport, que La Presse canadienne a obtenu. Ce rapport est le fruit du travail de trois historiens mandatés par la Commission scolaire English-Montréal pour examiner le programme d'histoire, qui a déjà été l'objet de critiques de la part d'Autochtones, d'anglophones et de communautés culturelles.

Les auteurs du rapport soutiennent que le programme, obligatoire dans toutes les écoles secondaires du Québec depuis septembre 2017, « se concentre de façon très étroite sur l'expérience et les événements du groupe ethnique/linguistique/culturel des Québécois francophones, depuis les premiers contacts (avec les Autochtones) jusqu'à aujourd'hui ». Les historiens estiment que les peuples autochtones sont présentés tout au long du cours comme « l'autre, antagoniste, plutôt que des êtres humains dont le territoire a été colonisé par des étrangers ».

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Des rapports de pouvoir qui dérangent

Article de Marie-Hélène Brunet, Université d’Ottawa et al. dans HistoireEngagée.ca, 26 novembre 2018.

Nous avons été consterné-e-s à la lecture de l’article « Des retouches qui dérangent », à la une du Devoir du 19 novembre dernier, présentant les réactions de deux historiens, Denys Delâge et Gilles Laporte, sur les corrections apportées aux manuels d’histoire concernant les représentations des Premières Nations.
Les voix mises de l’avant dans l’article

Nous avons aussi trouvé « aberrant » et « absurde » (pour reprendre leurs propres mots) que la parole soit donnée à ces deux seuls historiens, allochtones. Ceci nous semble révéler une dynamique issue de rapports inégaux de pouvoir, leur permettant de se retrouver à la une pour réagir et valoriser leur opinion. Car, outre la brève citation de la sous-ministre Barcelo, l’article ne relaie aucune autre voix. Si les journalistes indiquent d’abord que le Conseil en éducation des Premières Nations « n’a pu être joint » (sans préciser la teneur de ces tentatives), rien n’indique (ni dans l’article ni dans les quelques précisions publiées en complément le lendemain) qu’ils ont tenté d’obtenir l’avis d’historien-e-s ou enseignant-e-s issu-e-s d’une nation autochtone. Trois jours plus tard, le 22 novembre, le Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN) et l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) ont d’ailleurs réagi en publié leur propre communiqué dans lequel ils « déplor[ai]ent l’acharnement médiatique qui fait porter aux Premières Nations la responsabilité des changements apportés aux livres d’histoire du Québec » ainsi que « [l] e discours rétrograde et colonial qui [leur] a été servi dans les médias ».

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L’Histoire revue, corrigée, critiquée et peut-être recorrigée

Article de Marco Bélair-Cirino et Dave Noël dans Le Devoir, 20 novembre 2018.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’écarte pas l’idée de modifier le contenu du matériel didactique du cours d’Histoire du Québec et du Canada à la lumière des critiques découlant du retrait d’une terminologie et d’une iconographie autochtone jugée stéréotypée.

« Vous savez, moi, j’ai enseigné pendant 17 ans, ça arrivait assez fréquemment que je changeais de manuel », a-t-il déclaré lundi, réagissant à la levée de boucliers de plusieurs historiens. « Je vais regarder vraiment attentivement leurs critiques et voir si vraiment il y a lieu de changer les manuels », a ajouté l’ancien professeur entre deux kiosques du Salon du livre de Montréal.

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La révision de manuels d’histoire dérange

Article de Marco Bélair-Cirino et Dave Noël dans Le Devoir, 19 novembre 2018.

Remplacement de « plusieurs images considérées comme stéréotypées », retrait d’un passage du Journal de Jacques Cartier, ajout « des conséquences négatives de l’invasion du territoire par les Français »… : les dizaines de modifications apportées au matériel didactique requis pour l’enseignement du cours d’Histoire du Québec et du Canada font sourciller les historiens Gilles Laporte et Denys Delâge — qui qualifient l’une d’elles d’« absurde » et d’« aberrante ».

Les deux membres du comité de révision scientifique de la première édition de Chroniques du Québec et du Canada : des origines à 1840 (Pearson ERPI) — l’un des manuels dont le contenu a été modifié dans les derniers mois à la demande expresse du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) — déplorent le polissage du récit historique.

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