Revue de presse

La révision de manuels d’histoire dérange

Article de Marco Bélair-Cirino et Dave Noël dans Le Devoir, 19 novembre 2018.

Remplacement de « plusieurs images considérées comme stéréotypées », retrait d’un passage du Journal de Jacques Cartier, ajout « des conséquences négatives de l’invasion du territoire par les Français »… : les dizaines de modifications apportées au matériel didactique requis pour l’enseignement du cours d’Histoire du Québec et du Canada font sourciller les historiens Gilles Laporte et Denys Delâge — qui qualifient l’une d’elles d’« absurde » et d’« aberrante ».

Les deux membres du comité de révision scientifique de la première édition de Chroniques du Québec et du Canada : des origines à 1840 (Pearson ERPI) — l’un des manuels dont le contenu a été modifié dans les derniers mois à la demande expresse du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) — déplorent le polissage du récit historique.

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L’histoire des enseignants

Article de Louis Cornellier dans Le Devoir, 10 novembre 2018.

J’aurais bien aimé enseigner l’histoire du Québec au secondaire ou au collégial. Je n’aurais pas hésité, pour stimuler l’intérêt des jeunes, à me faire conteur et à emprunter la veine épique. Une histoire nationale, bien mise en narration, est toujours une épopée, et je connais peu de gens qui résistent à un bon récit.

Pour captiver mes élèves, j’aurais pigé sans vergogne dans la trame nationale politique, dans les bons travaux d’histoire sociale, et je n’aurais pas hésité à élever quelques monuments aux héros de notre aventure, tout en esquintant au passage les zéros du passé.

Par souci d’objectivité, et parce que la controverse fait partie de la nature de l’histoire, j’aurais privilégié un enseignement axé sur les débats historiographiques. Pour parler de la Conquête, j’aurais convoqué Guy Frégault, pour qui elle fut une catastrophe, et Marcel Trudel, pour qui elle eut « aussi ses avantages ». Nous aurions eu du plaisir.

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Une étude révèle d'importantes lacunes dans la formation des enseignants

Article de Radio-Canada avec La Presse canadienne dans ici.radio-canada.ca, 27 novembre 2017.

Les enseignants québécois de niveau secondaire manquent de formation adaptée à la discipline qu'ils enseignent, du moins en ce qui a trait à l'histoire, la géographie et d'autres matières qui doivent être couvertes dans les cours d'univers social, selon une nouvelle étude publiée lundi. Ils sont aussi mal outillés pour faire face aux défis quotidiens de l'enseignement.

Les trois auteurs de l’étude ont décortiqué le cursus de 14 programmes de formation des maîtres dans 10 universités québécoises.

Ils ont aussi sondé plus de 200 enseignants d'histoire, dans le but d’établir leur cheminement scolaire et leur « niveau de satisfaction à propos de la formation qu’ils ont reçue ».

L’étude a été réalisée pour le compte de la Coalition pour l’histoire, dont la mission est de faire « la promotion de l'enseignement de l'histoire à tous les ordres d’enseignement pour permettre aux jeunes Québécois de toutes origines d'acquérir une meilleure connaissance de l'histoire du Québec, du Canada et de l'histoire du monde occidental et non occidental ».

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Les enseignants manquent de formation

Article de La Presse Canadienne dans Le Droit, 27 novembre 2017.

Les enseignants de niveau secondaire sont mal formés pour affronter la réalité de l’école et ne sont pas assez formés dans les spécialités qu’ils enseignent, du moins pour l’enseignement de l’histoire, de la géographie et des autres matières qui doivent être couvertes dans les cours d’univers social.

C’est ce qui se dégage d’une étude réalisée par trois chercheurs du domaine de l’histoire qui ont passé au crible les programmes de formation des maîtres dans 14 universités québécoises et qui ont sondé plus de 200 enseignants.

L’enquête démontre que les enseignants estiment ne pas avoir reçu assez de formation dans la discipline qu’ils enseigneront, en l’occurrence l’histoire du Canada et du Québec : en fait, le cursus au secondaire prévoit offrir 200 heures de cours d’histoire, mais les enseignants n’auront reçu que deux cours dans cette discipline durant les quatre années de leur cheminement universitaire, ce qui représente à peine 10 %.

En contrepartie, ils estiment avoir reçu trop de cours inutiles surtout en didactique, mais aussi en psychopédagogie. Ce dernier constat a amené les chercheurs à pousser plus loin, car les professeurs disent aussi être mal préparés pour affronter la réalité scolaire de 2017, avec des classes surchargées, l’intégration d’élèves en difficulté et d’autres réalités de terrain qui sont rarement abordées dans leur formation.

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